> Vol 55
Le magazine allemand de Taijiquan et Qigong

Vol 55 – Sorti 1/2014

« La vie est mouvement »
Entretien avec le Professeur Ding Hongyu de l´Université de Nanjing en Chine

Pendant ses activités, en tant que scientifique du sport à l´Université de Nanjing, le Professeur Ding Hongyu a travaillé intensivement à la relation entre le sport et la prévention en matière de santé. Le Qigong et le Taijiquan étaient bien sûr prédestinés à cette étude. A l´occasion d´une visite rendue en mai dernier à son enseignant, le Professeur Ding Hongyu, Alexander Callegari a eu l´opportunité de parler avec lui des particularités du Qigong et du Taijiquan. La différence notable, selon le Professeur Ding Hongyu, est que le Qigong offre plus d´espace à l´exécution individuelle que le Taijiquan, dans lequel les critères fondamentaux tels que « verticalité, lenteur, douceur, rondeur, stabilité, détente » doivent être strictement respectés. Dans ces 2 disciplines, la détente est le facteur fondamental. Pour le Professeur Ding Hongyu, le mouvement est l´élément clef pour vieillir en bonne santé.

L´unité dans la diversité
Perspectives phénoménologiques en Taijiquan

Lorsque nous nous posons la question sur la signification du corps, des mouvements corporels et sur la perception en tant que moyen d´acquérir des connaissances sur nous-mêmes et le monde, les approches philosophiques établies en occident et en extrême orient vont dans des directions différentes. Il existe pourtant dans notre culture occidentale une approche relativement nouvelle, « la phénoménologie », qui brise les schémas de pensée traditionnels et qui exprime, verbalement également, à travers le terme allemand « Leib », l´unité dans la perception, l´expérience, la pensée et le ressenti. Robert Stöhr explique l´approche phénoménologique qui est basée sur la perception directe et qui ouvre d´ intéressantes perspectives en ce qui concerne notre propre perception durant la pratique.

Chan Mi Gong et l´écologie de la présence 
Zuzanna Sebkova-Thaller

Notre société est dans une crise écologique inquiétante - tout le monde le sait - et malgré cela, peu de solutions réelles sont trouvées. Pour Zuzana Sebkova-Thaller, le problème principal est la non remise en question de l´aspiration aux richesses matérielles et la confiance en des solutions scientifiques. Les causes de notre persistance, dans une culture mettant en danger notre existence, résultent, selon elle, de l´évolution de la culture européenne dans laquelle un dieu tout puissant a chargé l´homme d´assujettir la terre. Au cours du temps, la connexion à l´énergie divine a été perdue et depuis la Renaissance, la vision du monde a été dominée par une perspective centrale, dans laquelle toute chose observée, devient objet et est assujettie. Afin de dépasser cette vision, nous avons besoin d´une nouvelle manière de voir et là, les arts chinois du mouvement peuvent y contribuer. Le Chan Mi Gong est particulièrement en mesure de créer une passerelle entre la sagesse orientale et la science occidentale. Ainsi nous réalisons, à travers l´expérience sensorielle, que « tout est résonance ».

Quán signifie le poing
A propos de la perte croissante de l´aspect martial traditionnel en Taijiquan
Gerhard Dänekamp

Alors qu´à l´origine le Taijiquan était un art martial, il s´est répandu depuis le début du vingtième siècle, comme une méthode pour renforcer la santé et comme méthode de « soin de vie », tout d´abord en Chine puis dans le monde entier. Cette voie amena des simplifications et des changements qui ont eu pour conséquence la disparition, de nos jours et dans une large mesure, de l´ aspect martial dans la représentation générale du Taijiquan. Gerhard Dänekamp déplore cette évolution qui rend difficile aux écoles traditionnelles de Taiji de s´affirmer. Il analyse pourquoi si peu de gens s´engagent sur le chemin, pas toujours facile, de l´art martial traditionnel et suggère de quelle manière le Taijiquan peut être présenté, afin de le faire connaître au public, également en tant qu´art martial.

Montagne, Qi et randonnée
Attention, connexion et joie, les expériences d´un esprit méditatif
Manfred Johannes Folkers

La relation entre Qigong, Taijiquan et une consciente philosophie de vie est apparemment évidente mais pas toujours facile à exprimer à travers les mots. À l´occasion du Congrès de Qigong qui a lieu en mai à Hambourg, Manfred Folkers explique, en prenant l´exemple de la randonnée en montagne, de quelle manière ses expériences méditatives provenant de la pratique du Taiji et du Qigong, ont eu une influence positive sur sa perception et ses expériences de vie. Elles l´accompagnent d´une sensation intuitive de connexion avec la nature et d´ une perception attentive et joyeuse de la vie. Le facteur essentiel, à un niveau pratique également, est la respiration consciente.


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